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Published in XC News

RedBull X-Alps, troisième point d'étape: le final !



Ils sont cinq. Cinq à avoir bouclé cette dixième édition du RedBull X-Alps, au terme d’un combat acharné pour chaque place du classement.
Même si certains ont pu regretter le parcours ne ralliant pas la Méditerranée, il faut dire que cette boucle fut technique, prises en permanence par des conditions instables mais néanmoins assez favorables au vol dans l’ensemble. Alors pour ce troisième et dernier volet analytique de la course d’aventure la plus dure du monde, revenons une dernière fois sur les performances des athlètes dans leur globalité pendant ces douze jours. Les chiffres* donnent le vertige, alors accrochez-vous… Zeel am See, nous voilà !

Une fois n’est pas coutume, attaquons par la marche. Le tableau ci-dessous récapitule les principaux paramètres, calculés sur l’ensemble de la course. Au-delà de données assez folles quand on considère le temps total de marche ou le dénivelé positif total, on remarque d’emblée quelques points frappants : même s’il a moins marché que les autres, Maurer est aussi celui qui passe le moins de temps en pause. De quoi remettre au goût du jour la fable de La Fontaine, le Lièvre et la Tortue ! Il y a aussi les écarts entre participants : Schelven a parcouru à pieds plus du double de la distance de Maurer, quand Gierlach a lui grimpé près de deux fois le dénivelé d’Oberrauner. Voilà qui en dit long sur les différences de niveau de fatigue que l’on pourrait constater chez les coureurs ! Avant d’en terminer avec la performance pédestre, notons que les deux français, Outters et Pinot, démontrent leurs capacités physiques sur les temps au kilomètre.


tableau marche 3


Pour autant, comme on l’a déjà répété, il est essentiel de bien voler lors de cette course. La répartition entre marche et vol, présentée lors du point précédent, est encore plus parlante quand on la considère sur l’ensemble de la période. C’est ce que qu’expose le graphique suivant.


ratio marche / vol


Le ratio de chaque athlète y est présenté selon l’ordre du classement final. Hormis les quatre exceptions Lacaze, Durogati, Garza et Bramfit, on retrouve bien nos trois groupes déjà évoqués : les leaders en dessous de 20%, les poursuivants entre 20 et 30%, et la queue de peloton au-delà des 30%. Avec seulement 13% de la distance totale parcourue (distance odométrique) en marchant, Maurer signe de très belle manière sa septième victoire ! D’ailleurs, quand on s’attache à détailler son parcours et celui des autres pilotes, on distingue bien les moments de "rupture" de chacun.

Sur le graphique ci-dessous, sont affichées le top 10 des distances sur circuit cumulées (les données pour Guschlbauer le 20 juin sont manquantes). On repère tout de suite le « magic move » du maestro le 27 juin, dans des conditions de foehn qui n’en sont pas (pas de rafales en basses couches, selon lui). Le lendemain, ses poursuivants recollent, et Outters limite la casse. Pour finir, quand le clap de fin approche, ce sont Lacaze et Nübel qui frappent et remontent significativement dans le classement. Alors, comme pour les points précédents, on peut légitimement se demander ce qui peut produire de telles remontées grâce aux phases de vol. Le positionnement par rapport à la météo constitue, comme toujours, le facteur déterminant. Mais le talent du pilote y est aussi pour beaucoup : qui d’autre aurait pu réussir le vol de Maurer le 27 juin ?


cumul kilométrique


Tout vol est essentiellement composé de trois composantes de réussite : la qualité, la vitesse et la durée. De la qualité dépend partiellement la vitesse, et dans une faible mesure, dépend aussi la durée. En premier lieu, la durée, représentée sur le tableau ci-dessous par le temps de vol. Pour bien rendre compte des écarts, les données ont été ramenées sur un intervalle de 0 à 100 pour chaque journée, 100 pour le pilote ayant volé le plus longtemps, 0 pour le pilote ayant volé le moins longtemps, et dans la dernière colonne, le temps de vol total est affiché en heures.


temps de vol


Pas de surprise, ceux qui volent le plus sont devant, et inversement. Cependant, certains pilotes poursuivants arrivent à rester en l’air mieux que le reste du peloton sur quelques journées. Pour autant, cela ne se traduit pas nécessairement par des places gagnées au classement. Prenons les exemples de Garza et Bramfit. Garza vole durablement les 21 et 24 juin. Malheureusement, il perd l’avantage de ces deux journées en ne volant pas ou peu les 22 et 23 juin. Bramfit, lui, fait aussi bien les 21 et 14 juin, mais comme le montre les chiffres ci-dessous, sa moyenne de vol se situe dans le bas du tableau pour ces deux jours.


vitesses moyennes


L’autre inconvénient qui se cumule à cet aspect concerne le ratio de distance sur axe. En rapportant la distance réalisée sur le circuit X-Alps à la distance totale parcourue (odométrique), on peut distinguer ceux qui volent « sur le trait », de ceux qui ont tendance à s’en écarter. En la matière, pour Bramfit, l’histogramme suivant est sans appel. Seul Maurer peut se permettre de s’éloigner du trait du circuit, car ses placements lui permettent de voler plus longtemps, à des moyennes élevées. Pour autant, l’aigle n’est pas sans failles, car sur des journées de vol « en grappe » avec ses concurrents, on a vu que ses qualités vélivoles sont très proches, et parfois en-deçà des tout meilleurs.


ratio d'axe


Afin de se faire une idée générale de la qualité du plateau, voilà le tableau récapitulatif des phases et varios respectifs pour l’ensemble de cette édition. On observe que ce ne sont que quelques pourcents, ou quelques centièmes, qui séparent les athlètes sur chacun des différents marqueurs. Néanmoins, tentons un exercice d’agrégation, par simple curiosité.


statistiques de vol


Reprenons ces marqueurs, et ramenons là aussi chacun sur une base de 0 à 100. On a bien compris, grâce aux éléments présentés précédemment, que ce sont eux, alliés au temps de vol, qui expliquent la différence qui n’est pas due aux choix tactiques. Si l’on calcule une moyenne pondérée de l’ensemble de ces marqueurs, voilà les chiffres que l’on obtient :


statistiques agrégées


L’ordre des pilotes est celui du classement final. On voit que les résultats d’agrégation sont parlants, et correspondent particulièrement bien au classement pour les deux extrêmes. Trois pilotes dénotent cependant : Gierlach, Lacaze et Durogati. Nous aurions théoriquement dû retrouver ces pilotes plus haut dans le classement. Ce sont donc soit les pénalités, soit le manque de vitesse, soit les erreurs tactiques, qui ont handicapé ces coureurs. Plus généralement, à travers ce simple tableau, on dispose des pistes d’amélioration à privilégier pour chacun !

Cette course est un formidable laboratoire pour comprendre les ressorts de la performance, mais aussi, de la progression. C’est ce que nous avons essayé de présenter au cours de ces trois points d’étape, et ce que permet XC Analytics. Vous pourrez aussi trouver des idées pour vous permettre d’équilibrer votre pilotage, comme les analyses de ratio droite / gauche (nos spécialistes en la matière sont Coconea qui enroule 86% du temps à droite, et Oberrauner 85% du temps à gauche !), ainsi que des conseils directement issus de l’analyse de vos vols.

Voilà, le RedBull X-Alps, c’est donc terminé ! Vous pouvez reprendre une activité normale. Enfin, pas tout à fait, car la saison du Vol Libre bat son plein, et on sent bien que le Marche et Vol va encore faire des émules. XC Analytics et son équipe seront là pour vous accompagner. Aussi, nous vous souhaitons de longs et beaux vols, en attendant la onzième édition !



* A titre de rappel, les chiffres présentés ici peuvent différer de ceux donnés par le RedBull X-Alps, car nous nous basons sur des données qui ne sont pas forcément les plus précises.


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